i.
l’espace
À travers la fenêtre tachée, je remarque,
Amboise-centre : PLACE DE LA RÉSISTANCE
Une vague me bascule, brièvement : s’agit-elle de la
déception ? de l’incrédulité ? des tentacules d’une connaissance
attendue, quand même amère, collante ?
Aussitôt les alentours disparaissent : on poursuit la
conduite, le panneau qui avait instantanément ancré mon esprit s’évanouit, bientôt
le tourbillon de couleurs n’est qu’une moucheture éloignée
>>Est-elle
existée vraiment ?
Dans la cuisine de mon foyer d’accueil, j’explique, d’façon
décousue : LIEU D’ApaysEMENT
Une espérance me traverse, brièvement : vont-ils m’en
parler, finalement ? de leur résistance familiale ? des restes d’un
quotidien longtemps démodé, disparu ?
Aussitôt il brise la pause : mais c’est une décision
curieuse que t’as pris de t’installer là-bas, y’a plein d’endroits plus beaux à
Tours, également (ou plus) historiques…
>>Pourquoi
rends-je toujours ma vie plus difficile, compliquée, incohérente ?
ii.
l’esprit
Derrière la mine soit inquiète, soit triste, jamais
paisible, réside le co-locuteur indéfini, infernal : l’ouragan incessant
de craintes, de croyances, de créations, toutes cinglées. À la suite de ses
règles imaginaires, la jeune qui cherchait la certitude :
-n’a rien dit
-commencé à dire, mais de voix douce, inaudible
-s’est tue devant les gorges plus fortes, plus grandes
-ne voyait qu’au cadre de la compétition
-ne cherchait qu’à gagner cette compétition
-n’a rien dit
lorsque la compétition est devenue indéniablement fausse, destructive de
manière inouïe
-commencé à dire de ses détresses, mais de manière atténuée,
réduite
-s’est tue devant les marginalisés qui souffraient de façon
plus forte, plus grande
-ne voyait qu’au cadre d’un avenir impossible, insupportable
-ne cherchait qu’à faire plaisir aux autres, en espérant d’y
trouver l’acceptation inaccessible
-n’a rien dit
lorsqu’elle s’est confiée aux médecins, psychologues, conseillères
-commencé à s’épanouir, mais de poussées restreintes,
toujours inquiètes
-s’est tue devant les bien-vivantes trop pratiquées, trop
parfaites
-ne voyait qu’au cadre de ses fautes, impossibles à régler
-ne cherchait qu’à donner de l’amitié dont elle se cachait
d’elle-même
iii. l’identité
celle qui attend la prochaine réussite ;
jamais assez
celle qui fait trop confiance aux
avis d’autrui ;
jamais ses
propres
celle
qui en a marre de ce qu’elle a ;
et
cherche ce qu’elle n’a pas
celle
qui s’efforce à la perfection ;
et
s’ennuie de ceux qui la prétendent
celle
qui se lance contre ses démons ;
nouvelle
tentative
de
RÉSISTANCE
RÉSISTANCE
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