Je parcours les étagères de la rue avec une voracité insatiable. Chaque étagère déborde de tomes différents ; soit des panneaux de verre reliés-épais, soit des volets qui invitent les mains enfantines, soit des poignées et heurtoirs de série, soit des vieilles pierres qui s’effritent. Je marche le long de la même ruelle deux jours consécutifs, et sans faute mes doigts sont attirés par de nouveaux romans. Dans la liste qui suit, je vous présente les exemplaires parfois disponibles parmi les étagères qui s’étalent entre le café Molière et la grande cathédrale de Tours :
{pour ceux
qui aiment la littérature contre-culture, cf. On the Road Again de Kerouac}
(1) Des fenêtres rouges, roses, vertes, toutes accolées
{pour ceux
qui aiment la poésie prosaïque, cf. « Le mauvais vitrier » de
Baudelaire}
(4) Des volets en bois
{pour ceux
qui ne craignent point des grandes tornades, cf. celle dans The Wizard of Oz, de L. Frank Baum}
(2) Portes avec des poignées en fer, centrales
{pour ceux
qui recherchent
l’aventure, cf. The Chronicles of Narnia
de C.S. Lewis}
(1) Une muraille de pierre, vieille grosse porte de bois, bleue, ornée d’un
motif de cercles carrés
{pour ceux
qui ne cessent d’envisager le colporteur aux yeux clairs, cf. Leïla Sebbar}
(1) Un grillage de fer noir
{pour ceux
qui aiment les œuvres de Hugo, cf. Les
Misérables}
{pour ceux qui ont envie d’un cauchemar
littéraire}
(2) Soupirail
gris au sol
{pour ceux
qui recherchent une suite
aux intrigues qui traitaient des elfes de maison à Poudlard}
(3) En face du petit parc, un bâtiment de trois étages, chacune
avec des fenêtres de styles différents
{pour ceux
qui ont aimé la surcharge sensorielle de Au
Bonheur des Dames de Zola}
{pour ceux
qui aiment l’imaginaire, cf. Le Petit
Prince de St. Exupéry}
(6) Fenêtres costaudes, étroitement clôturées
{pour ceux qui recherchent un casse-tête à
la Perec}


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